Voyage : L’archipel des Açores, partie 2/2

Dans l’article de la semaine dernière, nous avons vu les îles de Sao Miguel, Terceira, Santa Maria, Faial & Graciosa. Aujourd’hui, voyons les autres îles qui composent l’archipel des Açores !

 

 

Sao Jorge

 

Le débarquement du ferry nous dépose sur un petit ponton en plein cœur de ville. Mais une surprise m’attendait J’ai réservé l’auberge officielle de l’ile, la Poussada de Juventude. Mais elle n’était pas là où le ferry accoste. Elle était à 20 km à l’est. Donc premier contact un peu difficile. La suite, en revanche, a fait pencher la balance dans l’autre sens. Pourquoi ? Parce que sur cette île, les bus sont inexistants.

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Littéralement. Il y en a un à 7 h du mat et à 15 h. Pour le reste, c’est voiture ou à pied ou, dans mon cas, en stop. Je n’ai jamais fait autant de stop dans ma vie que sur cette île. C’est magique. Vous tendez le pouce et pouf, vous montez dans le véhicule d’un parfait inconnu qui vous sourit comme si vous le connaissiez depuis toujours. J’ai vécu de ces rencontres. Waw quoi. Le premier jour, j’ai été pris en stop par John, un canadien qui a fait un détour de 15 km pour me déposer. Je ne sais pas si vous réalisez bien. Il a traversé un tiers de l’ile en plus pour me rendre service. Il m’a déposé devant le bassin naturel de Topo, un endroit génial.

Un bassin naturel sous les vagues à Topo, Sao Jorge

Les vagues étaient tellement puissantes qu’elles explosaient dans le bassin naturel. Nombre de poissons s’y sont retrouvé bloqués !

Pour rentrer, une maman qui partait chercher sa fille à la crèche m’a pris en stop. Le lendemain matin, j’ai été repris par la même maman qui venait de déposer sa fille. C’est pour ça que je voyage. C’est pour vivre ce genre d’histoire.

Photo ?

Vous voulez faire une rando ? Allons-y ! Pouf, deux marseillaises me prennent en stop et on explore la moitié de l’ile ensemble. Elles me parlent des Fajas dos Cubres et Fajas de Santo Cristo, deux morceaux de terre qui « sortent » de la falaise. En bref, une Faja est impossible à expliquer avec des mots. On réalise mieux une fois qu’on a un visuel.

Les Fajas, ces fameuses bandes de terre bordant Océan

Les Fajas, ces fameuses bandes de terre bordant Océan

Ah, c’était ça !

On se sépare car je prends le sentier depuis Fajas do Santo Cristo jusqu’au sommet de la montagne. La rando m’a tuée tant la pente était raide. 700 mètres de dénivelé sur moins de deux kilomètres. Ça pique.

Le sentier de la faja de Santo Cristo à Sao Jorge

Le sentier depuis la faja de Santo Cristo à Sao Jorge

Mais ça vaut le détour. Tout le long du sentier, on trouve hortensias, cascades, fleurs des prés et vaches en liberté.

Bon, et si vous vous retrouvez dans mon cas et attendez le ferry de 18 h et avez donc une journée à perdre, vous vous poserez la même question : que faire ?

Pourquoi pas une balade sous-marine pour faire de la plongée au milieu des eaux pleine de vie de l’océan atlantique ? Il y a un centre de plongée juste à côté du port qui vous fera passer l’après-midi en compagnie de poissons, poulpes et anguilles à quelques mètres sous la surface !

 

 

Pico

 

Ah, Pico. L’ile de Sao Jorge et de Pico sont comme deux jumelles se regardant dans les yeux pour l’éternité. Jetez un coup d’œil au planisphère si vous vous demandez pourquoi. Mais les infrastructures de Pico sont un peu plus présentes que sur Sao Jorge. Plus de bus pour circuler d’un bout à l’autre, mais une destination, et pas des moindres, n’est pas desservie. Mont Pico, la montagne dont l’ile tire son nom, est le sommet le plus élevé du Portugal. 2351 mètres. C’est si haut pour un tel endroit que les iles environnantes sont visibles depuis le sommet. Inversement, le sommet est visible depuis toutes les iles alentours durant les journées sans nuage.

Superbe mont Pico sans nuage, une chance !

Le superbe mont Pico dégagé de tout nuage, une chance !

Mais pour faire l’ascension de la montagne de Pico, il faut tout d’abord réussir à s’y rendre. Heureusement, les auberges grouillent de voyageurs dans le même cas que vous. partager le prix d’un taxi sera des plus aisés. Oui mais voilà, une autre difficulté se présente sur votre route. Si vous y allez le 15 aout, journée fériée aux Açores, le sommet sera envahit de touristes et de locaux profitant de leur vacances pour se faire un petit sommet. L’aller-retour dure en moyenne 6 à 8 heures et pour des raisons plus ou moins obscures, la quantité de personnes en même temps sur le sentier est limitée à 200. Soit. Il faut aussi régler une coquette somme pour avoir le « permis » d’ascension. Il était 11 h, des gens attendait leur tour depuis 6 h du mat. C’est à partir de là que j’ai décroché. Dommage, ça semblait plutôt sympathique. Mais passer une journée entière à attendre le droit de monter un sommet… 

Qu’importe, les merveilles de cette île ne se limitent pas à une montagne. Retournons à l’auberge déjeuner, on réfléchira plus tard. C’est là que je retrouve un couple d’étudiant allemand rencontré sur déja un paquet d’ile. Hey ! Une heure plus tard, nous partions ensemble vers l’est, vers un promontoire naturel qui, d’après leur source, serait exceptionnel.

Le trajet de bus en lui même valait le détour. Il s’arrête brièvement dans quelques villages, prends petite route après petite route et finalement, termine son voyage à Piedade. Nous poursuivons à pied sur la route qui conduit à la côte et croyez-moi quand je vous le dis, les voitures qui empruntent ses routes ne sont pas nombreuses. Pourtant, certains signes sont là pour protéger les plus aventureux d’entre nous.

On trouve des panneaux géniaux aux Açores !

On trouve des panneaux géniaux aux Açores

A force de marcher, et le soleil commençant à chauffer fortement nos flancs, un vieil homme dans sa camionnette passant par là s’arrête spontanément pour nous prendre en stop. J’adore vraiment les gens ici. Il nous dépose vers un sentier tortueux, composé de roches volcaniques.

Promontoire rocheux à Pico et accès à la mer turquoise de l'Atlantique

Mais pourquoi j’ai pris mes tongs…

Le sentier longe la côte déchirée par les rochers et la chaleur faisant, nous profitons d’un accès à la mer pour se baigner. Et quelle vie sous-marine ! Poissons multicolores, anguille se cachant sous les rochers à l’approche de leur habitat. Quel bonheur d’avoir un masque et un tuba pour admirer les eaux enchanteresses des Açores. C’est le paradis des plongeurs ici. Il y a des poissons de toutes les couleurs. Rouge, noir, violet, transparent. On ne se doute rien depuis la surface mais une fois la tête sous l’eau, wouaw !

Vue sous-marine emplie de vie aux Açores

Et le pire, c’est que les poissons sont loin d’être timides !

Après une baignade plutôt sportive, le sentier reprend jusqu’au phare où quelques locaux sirotent une bière bien fraiche à l’ombre du seul restau / bar / café de la région. Une vrai carte postale. L’ile de Pico est vraiment un joyau à ne pas manquer.

 

 

Flores

 

Flores et Corvo, les deux iles lointaines, à l’ouest, qui mérite pourtant chaque heure passée pour s’y rendre. Mais commençons par Flores, l’ile la plus lointaine. Si loin, en fait, qu’elle ne se situe pas sur la même plaque tectonique. Nous voilà sur le continent nord-américain. C’est beau. Mais qui dit ile lointaine, dit ile préservée. Pour l’atteindre, il faut passer une nuit dans un ferry pas vraiment fait pour dormir. Ainsi, lors de cette traversée, il n’est pas rare de voir le sol du ferry couvert de locaux et voyageurs endurcit dormir à même le sol, entre les rangées de sièges, bien à l’abri sous leur couverture. Ou pas. La clim est plutôt fraiche et je n’ai pas de couverture. Nous sommes aux Açores après tout !

Mais reprenons. Visiblement c’est une habitude d’accoster loin de la ville. Le ferry passe deux fois par semaine et l’une de ces fois est un dimanche matin. Donc oublions transport en commun et autres tour de passe-passe. Mais les étoiles sourient généralement à votre courage et les rencontres sont nombreuses. Pour ma part, je rencontre deux adorables açoréens, Vanessa et José, une fille et son père. Nous partageons un taxi jusqu’à Santa Cruz das Flores, la « grande ville » de l’ile. Quand je dis grande, je veux dire à peine plus de 2000 habitants. Mais le courant est si bien passé que je reste en contact avec Vanessa et José et nous avons partagé divers taxi par la suite, ce qui était plus que convenable. Je ne saurais dire du coup, si les bus et le stop sont plus pratiques qu’ailleurs.

Le cœur de l’ile est une merveille. Deux lacs magnifiques, Caldeira Negra et Caldeira Comprida, encastrés dans un cratère et entourés de végétation, offre un point de vue spectaculaire.

Les deux magnifiques caldeiras au cœur de l'ile Flores

Les deux magnifiques caldeiras au cœur de l’ile Flores

C’est aussi le point de départ d’un sentier qui continue jusqu’à la côte. Dit comme ça, cela peut sembler incroyable de traverser la moitié de l’ile à pied mais elle n’est pas bien large malgré la richesse de sa biodiversité. Une fois sur la côte, la baignade est conseillée pour se rafraichir, et le café au doux nom de Papadiamentis servant breuvage et nourriture sous les parasols, ne fait qu’améliorer encore la journée déjà superbe.

Flores depuis les hauteurs. Les murets de pierre forment des figures géométriques assez géniales

Les murets de pierre de Flores forment des figures géométriques assez géniales quand on les observe de haut !

Corvo

 

Je garde le meilleur pour la fin. Corvo. Je pense que cette île rentre dans mon top 7 des plus beaux endroits du monde. Il faudra que j’en refasse un du coup. Je ne sais même pas par ou commencer tant j’ai été surpris par cette île, et ce n’est pas une chose facile.

Commençons par le commencement, le débarquement. Le port est plutôt grossier en comparaison du reste, couvert de bitume et de brise vague et pourtant, il ajoute une touche de diversité dans ce paradis naturel. Mais à peine quelques pas effectués, nous quittons le port et entrons dans un village quasiment abandonné aux ruelles étroites. Tous les touristes de l’ile, soit 8 ou 9 personnes moi, Vanessa et José inclus, se retrouvent au point de rencontre pour atteindre le sommet de la route. Un homme en camionnette (et oui, encore !) se proposent de tous nous y déposer. Gratuitement. Pour le plaisir de rendre service. C’est magique. La route est chahutée et ça grimpe ! Mais une fois au bout de la route, quelle vue. Quelle spectacle. Aucune photo, aucune image ne pourra jamais recréer ce panorama, cette sensation, lorsque s’offre à nos yeux ébahis, le cratère de Corvo. 

Cratère de Corvo, Açores

Des mots seraient superflus. 

J’en rêve encore. L’air est doux et chaud, le silence n’est brisé que par le cliquetis des appareils photo et le léger bruissement du vent. L’odeur de l’air pur et naturel emplissant mes poumons. Ah mes amis, c’est une sensation qui me hantera jusqu’à la fin de mes jours.

Il ne faut que quelques heures pour descendre et remonter du cratère et pourtant, passer une journée entière dans ce cratère n’a pas suffit pour me contenter. Les vaches errant paisiblement dans les prés, libre d’aller où bon leur semble. Les lacs volcanique aux couleurs minérales. Les grenouilles plongeant dans le ruisseau à l’approche de mes pas. Les hortensias recouvrant le flanc ouest du cratère. Je ne résiste pas à l’envie de jeter un coup d’œil de l’autre côté.

Cratère de Corvo vue depuis le flanc Nord. On le voit rarement de ce coté-ci !

Le cratère de Corvo vue depuis le flanc Nord. Il est si dur à atteindre qu’on le voit rarement de ce coté-ci !

Il n’y a aucun sentier depuis le cratère jusqu’au sommet du flanc nord et se frayer un chemin à travers les murets de pierre et la végétation en friche ne fut pas des plus simple. Mais, une fois en haut, la plage de sable noir qui se dessina à plus de 200 mètres en contrebas su me faire réagir.

Plage secrète de Corvo depuis le cratère

La Plage secrète de Corvo depuis le cratère. Un petit parachute ?

Le départ fut difficile. Alors s’il n’y a qu’un message à retenir de ces articles sur les Açores, c’est celui-ci : Ne passez pas à côté de Corvo ! 

 

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