Surf volcanique au Nicaragua, 2/2

Retrouvez la partie 1 du Nicaragua où fruits exotiques et rencontres inopinées se mélangent dans un cocktail d’aventures.

 

Nous dinons avec Vira et deux de ses compatriotes allemandes. Elles ne voyagent pas ensemble. Elles ont fait connaissance à l’auberge, comme nous tous.

Nous sommes en plein cœur de Leon. l’auberge est géniale. D’abord, elle est idéalement située près d’un restaurant de l’autre côté de la rue. Il suffit de traverser la route ! Ensuite elle dispose d’un camion faisant le transport vers le nord, dans les plaines volcaniques.

Au réveil (hm, hm, 11 h), nous partons pour le volcan Cerro Negro qui sera notre terrain de jeu pour la matinée.

Le trajet pour s’y rendre est plutôt court, un peu plus d’une heure et nous y sommes ! On nous dépose avec le guide (qui s’appelle aussi Devon, mais qu’importe) au pied de la montagne. Nous déchargeons rapidement nos affaires comprenant un sac orange contenant une combinaison et une planche pesant son bon petit poids. Je transporte aussi ma gourde car la température de l’air déjà bien élevée ne s’améliore pas sur le volcan fumant.

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Je talonne le guide. Mais grimper au sommet du volcan Cerro Negro n’est point chose aisée !

Débutons l’ascension sans plus attendre ! Les rochers sont glissants et instables. Mes chevilles se tordillent mais fort heureusement, mes chaussures de randonnées sont solides et je ne crains plus les ampoules comme lorsque j’étais un aventurier débutant. Je suis de près Devon le guide qui semble complètement adapté au climat local. Sous son chapeau de paille, il ne semble pas vraiment affecté par les ardeurs du soleil.

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Le cratère du volcan Cerro Negro semble venir tout droit d’une autre planète !

À mi-chemin, nous faisons une pause photo car le soleil tape dur et la pente est plutôt raide. Wow. Les couleurs du cratère sont irréelles. La roche noire comme la nuit, teintée par endroits de jaune et de blanc jure avec le ciel bleu resplendissant.

Une fois le sommet atteint, nous déposons nos planches de surf et allons faire un tour sur le versant opposé, vers la partie chaude, là où le sol fume sous les pas.

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Nos planches de surf volcanique déposée au sommet du volcan Cerro Negro

Les photos sont prises par centaines dans un décor de fin du monde mais sur aucune d’entre elle n’apparaît John. Il faut dire qu’il tient une sacrée gueule de bois !!

Ah ! Mais voici venu la partie fun du voyage : 30 secondes de descente extrêmes pour 45 minutes de montée harassantes.

Le fondateur du Bigfoot Hostel est celui qui a inventé le sport du dit « Volcano Boarding » ou comme j’aime à l’appeler « surf volcanique ». Il lui aura fallu plusieurs essais foireux pour trouver le matériel adéquat. Il a tout essayé. Planche de surf en plastique, en fer, en bois. Soit elles fondaient sous la friction, soit elles chauffaient à en brûler les parties plus ou moins sympathiques. Sinon elles se désagrégeaient littéralement pendant la descente. Il a alors eu  une idée géniale.

« – Et si je combinais une planche de bois avec des plaques de fer collées au-dessous ? Ainsi, le fer chaufferai à blanc, mais le bois ne transmettrai pas la fournaise à mes fringues ! Enfin pas trop. »

Après une descente réussie, il se mis à en faire et à en refaire. La planche file comme le vent, atteignant parfois une vitesse record de 94 km/h !

C’est l’un des sports apparaissant dans « l’Adrenaline Junkie Bucket list » de CNN, figurant entre « pilote d’avion de chasse d’un jour » (50’000$) et « la cage de la mort en Australie ». Vous savez. Celle où on vous mets dans une cage de 5 m² immergée et qu’on nourrit un grand requin blanc juste à côté.

 

 

La plus rapide de notre compagnie est Vira. Dans sa descente, elle passe la barre des 67 km/h. Moi, eh bien, comme je suis parti plutôt vite, ma planche s’est retournée avant que j’arrive à la hauteur du mec avec le radar. Oui, il faut que je vous prévienne. Une personne sur deux se marave lamentablement dans la descente. Surtout si on part à toute vitesse. Mais c’est rarement douloureux. Sauf pour mon égo.

Pendant la descente, j’ai avalé un max de gravier volcanique. Heureusement qu’on avait les grosses lunettes de ski. En bas, aucune distinction n’est faisable entre les membres, homme ou femme, de notre assemblée. Tout le monde ressemble à un charbonnier sortant d’une cheminée crasseuse.

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Une fois en bas, on observe les autres surfer jusqu’en bas du volcan !

Le chemin du retour se fait dans l’euphorie générale. Chacun échange sur son expérience, certains en sont ravis, d’autres ont ce sentiment d’inachevé. Tous se plaignent de la même chose : trop court !

Et puis il y a ceux qui sont venus en sachant qu’un mojito est offert à tous les participants du tour. Devon (rencontré à Managua) se lance : Il teste le challenge de l’auberge.

« Celui qui boit 5 shots d’alcool de piment sans vomir gagne un t-shirt ! »

Il n’y a pas à dire, ils savent vendre leur sport ! C’est une auberge fondée par un « adrénaline-junkie » australien, à quoi pourrait-on s’attendre d’autre ?

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