Routes d’Asie : Sihanoukville à Bangkok

Traverser les frontières par voie terrestre est toujours un moment fort. Quand on est là, à descendre du bus d’un pays et monter dans celui d’un autre après avoir traversé deux bureaux de douanes, on se dit : ça c’est du voyage !

 

Dans les auberges, les rencontres ne pourraient être plus simple. Dans la même chambre, dans la cuisine, dans le salon, il est impossible de ne pas tomber sur des voyageurs comme vous. Et parfois, vous retrouvez les mêmes personnes dans chaque endroits auquel vous vous rendez. C’est le destin. A Sihanoukville, 3 californiens partage un bout de chemin avec moi. Derrek, Eric et Jordan voyagent ensemble après leurs études. Jordan s’est installé au Vietnam et vante les attraits de la vie asiatique comparée à celle des US. C’est sur que la différence est totale. Le courant passe tout de suite et nous partons faire un tour tous les 4 sur l’ile paradisiaque de Koh Kong. Nous jouons au beach volley sur la plage, mangeons des spécialités locales, bref la belle vie.

Plage de rêve à Koh Kong, Cambodge

Vagues s’écrasant sur la plage de rêve de Koh Kong, Cambodge

Après une journée et une nuit de mousson empêchant toute activité, la pluie stoppe en fin d’aprèm, juste à temps pour profiter d’un verre sur la plage avant la nuit. Les soirées sur la plage sont sympathiques, mais malheureusement, la pauvreté est telle que la plupart des filles asiatiques dans les bars sont des prostituées qui vous accostent à tour de rôle toute la soirée. C’est assez pesant. Mais dès qu’on ignore cette vision là du Cambodge, c’est un super endroit.

Les touristes du monde entier afflue ici en été mais curieusement, il y a un paquet de britanniques.

A l’auberge, je découvre la nouvelle génération de voyageur : Ils sont sur le PC portable ou smartphone toute la journée et sortent faire la fête le soir. D’accord pour un week-end. Mais pendant un mois ? Ou sont passé les journées d’excursions, le gout de l’aventure et de la découverte ? La plupart des voyageurs ont 18-19 ans. Le même âge que moi quand je suis parti voyager pour la première fois. J’en serais presque nostalgique.

Avant de prendre la route pour la Thaïlande, je fais un dernier stop à côté de Sihanoukville. Le parc national Ream. Un coin de nature sauvage préservée. Ça doit valoir le coup d’œil !

Je loue une moto-taxi qui me dit connaître la route pour le parc. Il mentait. Il suit les panneaux. C’est toujours ça. Puis nous arrivons sur une route de plus en plus petite. Puis, après 20 minutes sur une cette petite route au milieu de nulle part, son pneu avant éclate. Super…

« Bon, il faut marcher. » me répond-t-il.

« Sans blague » répondais-je.

Je ne lui en veux pas pour la roue. Je lui en veux pour m’avoir menti. Il est 14h. Nous marchons donc un bon quart d’heure sous un soleil de plomb en longeant la route jusqu’à ce que nous tombions sur une maison où un vieil homme tenant une petite ferme plutôt broussailleuse fait office de mécano, entre les poulets picorant et les cochons siestant à côté des outils. Quelle chance n’empêche, la seule maison à des kilomètres est celle d’un mécano. De ça, trois solutions :

1/ il a tellement eu de visite de gens empruntant sa route ayant crevé qu’il s’est reconverti dans la mécanique.

2/ C’est vraiment une chance, un miracle que nous soyons tombé sur cet homme.

3/ De la chance ? Tu parles. Moi je penche pour une trop grosse coïncidence. Le vieil homme n’aurait-il pas mis des bonnes vis bien aiguisées, cachées parmi les cailloux du sentier pour augmenter son taux de visite ? Ça se trouve, ils sont de mèche et le taxi va me demander de payer les réparations.

 

Je passe une bonne demi-heure à observer ce vieil homme rafistoler le pneu de la roue avec des outils de fortune tout en imaginant tous les conclusions possibles à cette histoire. Le scénario le plus probable est l’option 3. Mais non, je me trompais. C’était juste un mauvais concours de circonstances suivi de Dame Fortune souriant à notre infortune.

Enfin bref, la roue rafistolée, nous repartons en suivant les indications du mécano. Mais honnêtement, je me doutais bien que ça finirait ainsi. Complètement perdu, je prends les commandes et trouve finalement l’entrée du parc, juste en face de l’entrée d’un petit aérodrome. Nan mais franchement. C’est toujours à moi de tout faire !

 

Je passe quelques billets à un ranger local pour qu’il me fasse la visite guidée et je ne suis pas déçu. Il n’y a que très peu de visiteurs et d’un côté je suis satisfait. Ça garde ce petit côté intouché.

Dans le parc où jungle sauvage et mangrove grandissante se mélangent, je croise bon nombre de merveilles. Des ananas sauvages, œufs de papillons, des mille-pattes, bref, la totale.

Œufs de papillons tropicaux au cœur de la jungle cambodgienne

Les fameux œufs de papillons tropicaux au cœur de la jungle cambodgienne

Le guide m’emmène jusqu’au nid d’une tarentule perchée sur un arbre militaire.

Je me rapproche pour prendre une photo et il me prévient :

« Attention, elle peux bondir ! »

Tarentule sur sa branche, jungle du Cambodge

Tarentule sauteuse sur une branche de l’arbre camouflage

Ok, je garde mes distances ! La dernière que j’ai vu, c’était à Phnom Penh et elle croustillait…

La jungle grouille d’insectes en tout genre dont une espèce de fourmi indigène armée d’une carapace pointue dont la morsure inflige une douleur semblable à celle d’un frelon.

Fourmi à carapace dans la jungle cambodgienne

Rien qu’à la voir, on a pas envie de la caresser !

Le guide me fait goûter à une feuille bonne pour la santé au gout horriblement amer et à côté, sur un arbre suspendu dans le vide, un gecko énorme aux couleurs vives se laissent entrevoir.

Gecko géant perché sur un arbre, Cambodge

Gecko géant. Vraiment géant.

Nous ne sommes que tous les deux et sans lui, j’aurais eu bien du mal à me repérer dans cette jungle épaisse aux multiples sentiers ! Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un village composé de quelques cabanes où les habitants locaux, peu habitué aux touristes, me proposent de l’eau et un morceau de leur repas pour prendre des forces. De la purée de fourmi géante mélangée à du piment. J’en prends une pincée, pour goûter. Miam ! C’est excellent ! je n’aurais jamais cru !

Je me lèche les doigts car c’est plutôt collant. Ils rigolent tous de bon cœur. Ah ah, pour eux se lécher les doigts signifie :

« C’est trop bon, j’en ai pas eu assez ! »

Les habitants me proposent de goûter leur purée de fourmi géante

Les habitants me proposent de goûter leur purée de fourmi géante

De retour à l’auberge One Stop, je rencontre Ana et Sisi, une british et une danoise. Nous passons deux jours ensemble. J’étais dans une auberge « One Stop » à Phnom Penh et comme c’est une chaîne locale, il y en a dans les grandes villes. Elles sont propres, le petit-déj ne coûte rien et dans celle de Sihanoukville, il y a même une piscine. J’ai toujours profité d’une bonne ambiance et les gens sont cool. Si jamais vous cherchez une auberge sympa.

Et surtout, les horaires de bus sont affichés pour la Thaïlande.

Il faut 14 heures de bus pour joindre Sihanoukville à Bangkok. La route est plutôt pas mal mais honnêtement, quand un trajet dure 14 heures, vous avez beau être insomniaque et fasciné par les paysages, vous finirez par sentir la fatigue. La définition du backpacker en fait, c’est celui qui traverse les frontières à pied !

Contrairement au Cambodge dont le visa d’entrée coûte 23 à 30 dollars américains selon le douanier (oui, même à l’aéroport) le visa thaïlandais est gratuit si vous restez moins de 90 jours.

Donc ne suivez pas de type louche à la frontière vous promettant de vous faire gagner du temps, ils essaient juste de vous extirper de l’argent. Il faut y aller solo.

Je rencontre Sievan de Moscou et Maj et Ann du Danemark. Apres la frontière 14h de bus et 3 changement, nous arrivons à Bangkok et toutes les rues sont illuminées pour la semaine d’anniversaire de la reine. Oui semaine.

Rues illuminées de Bangkok pour célébrer l'anniversaire de la reine

Les rues de Bangkok brillent de mille feux pour célébrer l’anniversaire de la reine

Nous partageons tous les 4 un taxi et heureusement Maj n’en est pas à sa première visite. Elle insiste pour avoir un taxi au compteur et non à ceux qui proposent un « tarif » jusqu’au centre-ville. Ils chargent 3 fois plus cher.

L’auberge des deux danoises est complète et comme je ne réserve jamais, il me faut partir à la recherche d’une nouvelle. Arg… je suis crevé. C’est le risque de l’inconnu. Je fais quelques centaines de mètres et rentre dans la première auberge que je vois. La réceptionniste dort sur un sofa devant l’entrée. Je réalise alors que l’air est agréablement frais durant la nuit. J’hésite un moment, puis me décide. Je la réveille délicatement. Elle me guide alors jusqu’à la chambre et je dors sur un matelas miteux dans un dortoir bondé. Je réalise bien tard que l’auberge est littéralement en face d’une boite de nuit. Les basses jusqu’à 5h du mat ne m’ont pas beaucoup laissé de répit. J’aurais du faire gaffe. Au lendemain matin, je ne tiens plus. Il faut vraiment que je trouve un endroit plus calme pour récupérer. Allez, en route !

 

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