NZ19 : L’île inexplor(able)ée

Stewart Island. Dès que j’ai vu la carte de Nouvelle-Zélande, mes yeux s’étaient posés sur ce morceau de terre perdu. Minuscule, quasiment délaissé par les touristes, c’est sans nul doute l’endroit le plus reculé de Nouvelle-Zélande. Ainsi, l’exploration se poursuit !

 

Au petit matin, je vais voir la réceptionniste de l’auberge. Hier, elle m’avait proposé de louer une voiture pour faire le tour du village. J’aurais préféré le tour de l’ile mais bon, il n’y a aucune route. Alors, le tarif ? 40$ pour 5h. Hm, c’est cheros. Fort heureusement, je propose à Bettina et Peter de se joindre à nous et ils sont chauds pour faire un tour. Yes ! Nous partagerons les frais ! La seule contrainte, c’est que Peter doit prendre le ferry à 16h.

Bah, on sera juste à temps !

Nous décidons tous les quatre d’explorer autant que possible les alentours. Et dire qu’il y a moins d’une dizaine de kilomètres de route sur cette ile ! Le reste n’est que nature sauvage quasi-inexplorée…

Rivages sublimes de Stewart Island disparaissant au loin

Les rivages sublimes de Stewart Island

La route s’achève sur une baie. La plage est belle et malgré la température bien basse, je ne résiste pas au désir de plonger dans les eaux hivernales de l’océan Austral.

Wouah ! C’est moins froid que l’Antarctique mais quand même ! D’ailleurs nous ne sommes pas si loin d’elle, à quelques milliers de kilomètres près.

Je retourne bien vite à mes vêtements et après avoir sautillé pour retirer au mieux l’eau perlant sur mon corps, je m’habille. Malgré la température, les namus (« mouches des sables » pour ceux qui ont raté l’épisode sur Fiordland) commencent à se rassembler autour de la seule créature assez stupide pour se déshabiller ici : Moi !

Je m’empresse de finir et me mets à courir en gesticulant dans tous les sens pour m’en débarrasser. D’après notre groupe, c’était un spectacle à ne pas manquer !

«- Alors, elle était bonne ? Demande en riant Bettina.

– Et encore, c’est marée basse, elle est encore plus froide à marée haute ! » lance Peter.

Pour ma part, je dirais qu’elle est vivifiante ! Cette fois, je n’avais pas le caleçon en toile de Jouy, comme à Milford Sound.

Peter connaît plutôt bien l’ile, il nous explique qu’un sentier mène à un point de vue plus au sud. Je nous conduis là-bas en suivant ses indications puis nous entamons le sentier. Peter est rapide. Il avance vite. Un peu trop pour profiter pleinement du moment à mon goût ! Le sentier est des plus glissants et la pluie froide d’hiver n’arrange pas les choses.

Une ouverture à travers la végétation offre une panorama grandiose sur l’ile et ses forêts primaires.

Le village d'Oban au loin derrière la forêt

Le village d’Oban au loin derrière la forêt

Durant notre marche, nous croisons un britannique en compagnie d’une guide locale. Tiens, un touriste de plus ! Nous profitons du tour guidé ! Elle nous donne un conseil particulièrement intéressant. D’après elle, le coucher de soleil est magnifique depuis les hauteurs. Nous chemins s’écartent et nous rebroussons chemin.

Vue magnifique sur les côtes de Stewart Island

La vue est magnifique sur les côtes de Stewart Island

Allez, en voiture ! D’ailleurs, je n’en ai pas parlé de cette voiture. Une vraie beauté. 350 000 km, plutôt cabossée, sans aération et surtout, manuelle. Je commençais à avoir l’habitude de conduire à gauche avec l’automatique mais avec la manuelle, c’est autre chose ! Passer les vitesses avec la main gauche est un coup de main à prendre mais après un moment, je réalise que ce sera facile : les routes sont tellement irrégulières que je reste en 2eme la plupart du temps.

Il faut juste faire attention dans les routes de gravier, qui sont plutôt délicates : plus de 30km/h et je perds le contrôle du véhicule.

Nous prenons la route qui nous rapproche le plus du centre de l’ile. Je devrais plutôt dire : la route qui nous éloigne le plus de la côte, car nous sommes bien loin du cœur de l’ile !

Il nous reste du temps avant de rendre la voiture, nous allons marcher un peu ! Nous nous enfonçons dans les profondeurs de l’ile pendant une heure jusqu’au panneau :

« Fin du sentier. Si vous ne prévoyez pas de camper, retourner sur vos pas. »

Bon, ça a le mérite d’être clair !

Mais avant de débuter le chemin du retour, mon désir de prendre de la hauteur est trop grand pour être contenu. Nous sommes dans une petite clairière plutôt dégagée, assez pour faire décoller le drone. Une chance que j’ai pris le sac à dos !

Nous dronons un moment puis retournons à Oban. Direction : le seul restaurant ouvert, l’hôtel central du coin faisant également office de bar / restaurant. C’est LE lieu de rassemblement pour les locaux. D’après le barman, les fish & chips de blue cod (« la morue bleue », un poisson local) sont délicieux.

Et c’est vrai, ils sont savoureux !

Le repas terminé, Peter doit nous quitter. C’est l’heure du ferry. Nous, il nous reste encore une journée sur Stewart Island.

Hier, Bettina et Peter se sont rendus sur Ulva Island, l’île sanctuaire des oiseaux à 7 min en bateau d’Oban. D’après eux, c’est vraiment unique. Julien et moi y allons donc cette aprèm !

Rendez-vous ce soir à 18 h sur les hauteurs, pour admirer le coucher de soleil !

Un bateau-taxi nous y emmène pour la modique somme de 25$ aller-retour chacun. Une fois là-bas, seul le sentier aménagé rappelle la civilisation. Des cris d’oiseaux retentissent ci et là dans la forêt primaire, un ruisseau s’écoule discrètement entre les arbres majestueux. Les keas sont les moins craintifs, ils se laissent facilement photographier.

Plus nous pénétrons sous le couvert des bois, plus les oiseaux les plus sauvages se révèlent à nous. Des perroquets sauvages, des Coucous éclatants, des passereaux, des mésanges, des huitriers.

Couple d'huitrier pêchant sur la plage d'Ulva Island

Couple d’huitrier pêchant sur la plage d’Ulva Island

Ah, et sans oublier les wekas, ces oiseaux si curieux originaires de Nouvelle-Zélande !

Weka à l'affut sur une plage d'Ulva Island

Weka à l’affut sur une plage d’Ulva Island

Les cris deviennent fréquents, les chants incessant. Nous traversons l’ile d’un bout à l’autre, jusqu’à la baie connue pour abriter des lions de mer. Le problème, c’est que c’est la marée haute. La mer a engloutie la plage dans sa totalité ! Nous nous asseyons un moment, dans l’espoir de tomber sur un lion de mer nageant par là mais non, rien n’est perceptible depuis notre perchoir. Dommage ! Nous poursuivons donc notre exploration de l’ile.

A 17 h 15, le bateau-taxi nous ramène à Oban. Entre temps, le vent s’est levé et d’épais nuages menaçants recouvrent Stewart Island. Je crois que pour le coucher de soleil, c’est mal parti ! On retrouve Bettina à l’auberge et partons au perchoir pour tenter de distinguer un éclat de lumière couchante. Mais non, les nuages sont trop épais. Il n’y a rien à voir. Tant pis. Diner puis je propose de refaire un tour de recherche à kiwi. Julien part se coucher. Ce sera donc Bettina et moi ! Nous parcourons la même route que la veille mais malgré quelques faux espoirs, nous revenons bredouilles. A un moment, il nous a semblé entendre un kiwi a moins de deux mètres devant nous mais le temps que j’allume ma lumière, il avait pris la fuite !

Dommage, j’imagine que parmi les 25 000 kiwis présents sur Stewart Island, pas un seul ne souhaitait nous honorer de sa présence ce soir.

Demain le ferry part à 8 h. Il faudra nous lever tôt !

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me prévenir
avatar
wpDiscuz