NZ 8 : La rivière souterraine

Sous terre, on trouve bien des bizarreries. Des araignées visqueuses, des vers luisants bleutés, des cavernes humides et des stalactites piquantes. Ah, et j’oubliais la rivière !

 

Tim et Kyle nous passent des bouées aussi noires que la grotte et l’un après l’autre, nous nous balançons dans les eaux glaciales de cette rivière souterraine.

GERONIMOOOOO !

Splash !

« – Brrr, elle est glaciale ! Mais elle est à quelle température, cette eau ? » demande l’un d’entre nous.

– 7 degrés ! » réponds Kyle en riant.

Assis dans nos bouées, nous descendons la rivière en tractant nos misérables carcasses gelées à l’aide d’une corde à moitié immergée.

Le courant augmente. Une petite cascade donne l’occasion de faire du toboggan.

Julien sourit au destin dans la glissade de cette petite cascade !

Julien sourit au destin dans la glissade de cette petite cascade !

Oui, il fait bien plus froid une fois trempé ainsi, mais c’est pour la bonne cause !

Après une longue, longue descente, le niveau d’eau baisse enfin.

Nous continuerons à pied !

Malgré l’eau gelée qui s’est infiltré dans mon cou et glisse lentement dans le dos, il ne fait pas aussi froid que ça. On commence à m’habituer à la température ! Enfin certain plus que d’autre. Quentin grelotte.

« Il faut s’activer ! nous dis Kyle. Allez, dansez comme si personne ne regardait ! »

Chacun s’active autant qu’il le peut et une fois bien réchauffé, on se colle sur la droite de la paroi.

Durant cette interminable attente, je prends un moment pour me concentrer sur moi-même et ressentir totalement le moment. Il fait froid. L’air est très humide. Maintenant qu’on en parle, je perçois une fine poussière, pratiquement invisible à l’œil nu, qui charge l’air vicié de la grotte. Je me suis habitué à la noirceur de ce souterrain et vois désormais des araignées grouillant sur les parois. Je n’imagine même pas ce qu’il y a dans l’eau…

Kyle se tient au-dessous d’un nombre impressionnant de vers luisants recouvrant le plafond et la parole gauche de la grotte.

Le niveau de la rivière souterraine diminue. Nous continuerons à pieds !

Filet de bave et vers luisants au premier plan, notre groupe trempé au second ! 

Il nous montre les filets de bave (classe, je sais) qui pendent sous le ver luisant et qui permettent de capturer sa proie telle une toile d’araignée. Sa méthode de chasse est des plus ingénieuses. La bioluminescence, la lumière créée par le ver luisant, est un piège censé tromper les insectes errant dans la grotte. La lumière leur fait penser : « Yes ! La lumière du jour, enfin la sortie ! »

Mais non en fait.

Et une fois que le premier vers du groupe deviens assez fort pour quitter ses 9 mois de phase « vers luisant », il quitte son état immobile pour dévorer ses frères et sœurs. Ce sont donc des vers luisants cannibales.

Vers luisants attendant patiemment sa proie dans la caverne de Ruakuri

Le ver luisant attends patiemment sa proie.

Cooool !

Oui, je sais. C’est vachement moins sexy d’un coup.

Nous poursuivons notre progression, de l’eau aux genoux jusqu’à ce que le niveau deviennent trop profond pour marcher.

« Bon, On va faire une chenille humaine. Chacun pose ses pieds sur la bouée de devant et on s’accroche ! » targue Tim.

Toutes les lumières éteintes, sans un bruit, Kyle nous tracte à travers ce goulot étroit mais peu à peu, la voûte du toit s’illumine d’une lumière bleutée désormais familière.

« Wow » chuchotais-je d’une voix inaudible.

Je penche la tête le plus possible en arrière et de l’eau s’engouffre dans ma combinaison à travers le cou.

Brrr ! On ne va pas recommencer !

Mais ce spectacle qui couperait le souffle de n’importe quelle personne admirant ceci pour la première fois me fait vite oublier les frissons de l’eau.

Je n’en reviens toujours pas. C’est féerique.

Tous portés par les flots de la rivière obscure et silencieuse, ce n’est qu’après une longue dizaine de minutes que la voix de Tim brise l’écho des gouttes perlant depuis le toit de la caverne :

« Le niveau redescend, tous sur vos pattes ! »

Nous quittons peu à peu la rivière pour rejoindre la galerie de tunnels. Mais pour cela, il faut emprunter un passage inondé en flottant sur notre bouée. Le petit plus, c’est que l’eau est trop haute. Il y a moins de 10 cm entre le sommet du passage et le niveau d’eau. Donc à moins de s’immerger complétement ou de retenir sa respiration, si on ne veut pas avoir la bouche dans l’eau pour traverser, il faut pencher la tête sur le côté tout en se tenant fermement à sa bouée.

Le trou étroit à moitié immergé. Il faut pencher la tête pour respirer !

Le trou étroit à moitié immergé. Il faut pencher la tête pour respirer !

C’est plutôt acrobatique. Le casque frotte sur le haut de la paroi et les eaux noires m’éclaboussent le visage plus d’une fois.

Chacun à son tour, avec plus ou moins de difficultés, nous traversons. Mais de l’autre côté, un petit thé chaud avec un morceau de chocolat pour se réchauffer.

Une photo de groupe pour marquer le coup. Vous avez 3-4 secondes pour faire la 1ere forme à laquelle vous pensez avec la lumière du casque !

Dessin de lumière sous la surface au cœur de Ruakuri, Waitomo

Dessins caverneux à la lumière de nos lampes frontales

Chacun fait sa forme : un rond, un cœur, une lettre, un … euh, un…

Bon, je vois que certain ne manque pas d’imagination !

 

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