Montagnes et tourbières au Connemara, 2/2

Retrouvez la partie 1 de mes aventures irlandaises dans une auberge du Connemara !

 

Le petit-déj est à 9 h tapante, et quel petit-déj ! Du pain sorti tout droit du four, de la confiture faite maison, du porridge bouillant à petit-feu dans une marmite en cuivre, et une fois dans l’assiette, il suffit d’ajouter un soupçon de miel et quelques morceaux de noix fraîchement cassées pour accompagner le porridge. Quel régal !

Et comme les repas collectifs sont les meilleurs moments pour faire des rencontres à l’auberge, je parle avec Max et Myriam, deux français à la découverte du Connemara et ses merveilles.

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Sentier inondé au milieu de la tourbe du Connemara, Irlande

Rien que ça.

L’auberge est littéralement à deux pas du parc national du Connemara. Il suffit de passer le petit portillon en bois et nous y sommes. À gauche, la forêt, à droite, le sentier pour la montagne. Je propose de nous diriger vers la montagne. Recouverte de tourbe, elle domine le parc et semble avoir une vue d’ensemble sur la région. Le sentier sinueux est aménagé par un passage alternant entre planches de bois surélevées et gravier solide car la tourbière humide encercle la montagne et les haute-herbes sont rapidement submergée par les pluies fréquentes d’Irlande.

Ce lieu est vraiment génial. La partie boisé à l’entrée est bien différente de celle-ci. La majorité du terrain n’est qu’une gigantesque tourbière gluante où la progression serait pratiquement impossible sans notre support aménagé. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à profiter du sentier. Sur les planches de bois brillantes, une chenille velue jaune et noire se dégourdit les pattes à l’abri des prédateurs.

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chenille irlandaise sur une planche d’un sentier au parc du Connemara

Plus je m’approche de la cime et plus la route se dégrade. À un point, les planches de bois cessent tout simplement d’exister pour ne laisser place qu’à des rochers taillés par les intempéries et vraiment instable.

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Le fameux sentier rocheux sur la montagne. Plutôt accueillant ! 

L’ascension n’est pas ardue en soi mais je suis sorti en t-shirt et il fait 13°C. Après tout nous sommes pratiquement en Octobre. Max et Myriam semble apprécier autant que moi notre expédition irlandaise. Mais une fois là-haut, nous ne pouvons nous garder d’éclater de rire. La vue valait la peine d’essuyer toutes ces épreuves ! La brume recouvre tout et le vent est glacial. Nous prenons un moment pour récupérer nos forces et malgré la présence de nombreux nuages et de la récente averse, je distingue au pied de la montagne jumelle l’abbaye de Killmore.

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Abbaye de Killmore depuis le sommet d’une montagne embrumée au Connemara, Irlande

L’heure de midi approchant, nous reprenons la route en direction de Letterfrack. Mais avant de remplir nos panses, il nous faut nous rendre au marché local.

L’après-midi est passée à se prélasser et la soirée arrivant, nous dinons avec Maud.

Quand le propriétaire de l’auberge revient de sa partie de pêche, il se rend dans un pub du centre-ville (vous savez, les deux rues qui se croisent de la partie 1) et nous invite à nous joindre à lui. Maud, Max, Myriam et moi partons donc en compagnie du connaisseur pour aller boire une bonne Guinness purement irlandaise. C’est une bière noire un peu amère et hautement calorique. Le moment que je préfère est quand la barman coupe la mousse de la pinte avec son couteau. Oui, c’est folklorique. Myriam veux tenter un étrange breuvage nommée Irish Myst (Brume Irlandaise) qui a le goût de whisky sucré.L’Irlande tient à sa réputation de brasseur très à cœur !

Au matin, après l’inévitable petit-déj de 9 h, Max et moi partons explorer l’abbaye de Killmore. Myriam est trop fatiguée pour nous accompagner.

Nous tentons le stop mais n’ayant que peu de succès. Avec une fille, le stop passe toujours mieux que deux mecs qui marchent le long de la route avec des sac à dos.

Nos pieds nous mènent donc jusqu’à l’abbaye et son lac poissonneux. nous faisons le tour du domaine et rentrons. Le stop ne fonctionne toujours pas.

Nous retrouvons Myriam assise sur les sofas devant l’entrée, discutant tranquillement avec Maud. Une jeune chienne de berger noire et blanche dort à leurs pieds. C’est la mascotte de l’auberge.

Tout le monde souhaitant prendre l’après-midi de libre, je pars seul explorer les forêts primaires du Connemara. La chienne me suis, sentant le goût de l’aventure. Des bramements rauques hérissent les poils de ma nuque. La chienne (que j’appellerai désormais Vevel par aisance d’écriture) s’arrête nette, la queue redressée, prête à bondir.

 » Bah ! Ce ne sont que les cerfs de la région ! Septembre est leur période de rut ! » tentais-je pour calmer Vevel.

Je rentre tardivement dans l’après-midi et la soirée se déroule comme celle de la veille.

Max est cuisinier et comme j’ai passé un an à travailler dans une crêperie à Londres, nous nous accordons sur un point : nous allons cuisiner !

Nous faisons d’innombrables aller-retour au marché. Nous ramassons des champignons douteux dans le parc, mais Max assure qu’ils sont comestibles.

Mouais.

Le problème vient lorsque nous les mettons à cuire dans la poêle ayant servi à cuire les maquereaux pêchés par le boss de l’auberge jeudi dernier. L’odeur est si forte que nous les jetons, à regret (ou pas). Peut-être que ces maquereaux puants nous ont sauvé la vie après tout !

Maud nous parle d’une presqu’île à l’ouest qu’il est facile d’atteindre à pied et dont la vue vaut le détour. Nous nous y rendons Max, Myriam et moi. Le cadre est idyllique, la tourbe omniprésente, les mousses rouges gorgées d’eau nous servant de sentier, vaches et chèvres sauvages se baladant sur le sentier libre comme l’air.

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Chèvre sauvage blanche aux pattes noires sur un sentir du Connemara

À notre retour, Maud est bien embêtée. Elle a fait de la pâte à crêpe mais elle s’est un peu foirée.

 

« Aucun problème ! nous écrions-nous en cœur. Max et moi, on va rajouter de la levure et on en fera un beau gâteau ! Bon, et comme il n’y a pas de four dans la cuisine, on le fera au grill ! »

Oui, quand deux mecs ont une idée, aussi débile fut-elle, ils vont jusqu’au bout. Et j’aurais beau vous dire : « Visez la lune, si vous manquez vous toucherez les étoiles !  » ce coup-ci, c’était loin d’être le cas. Le résultat était immonde. Autant à la vue qu’au goût. et malgré tout les efforts que nous mettons dans notre égo pour le manger, je ne retenterai jamais plus un truc pareil.  

Max et Myriam partent demain. Notre dernière soirée ? Nous la passons à jouer à un jeu de carte aux règles pour le moins troubles avec une allemande ne parlant pas la langue à côté de la cheminée de tourbe et de son foyer crépitant. Cette soirée reste à jamais gravée dans ma mémoire.

Je passe une journée de plus, bois une dernière Guinness avec Maud, puis vient le moment pour moi de poursuivre mon aventure.

Je n’avais prévu de rester que quelques jours ici. L’endroit est tellement incroyable que j’y ai passé une semaine. Trouver un meilleur endroit que celui-ci me semble impossible, mais malgré tout, je ne suis pas prêt à m’installer où que ce soit. Je quitte avec regret cet endroit fantastique, la tête chargée de souvenirs et les yeux plein d’étoiles. Le monde m’appelle.

 

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13 Commentaires sur "Montagnes et tourbières au Connemara, 2/2"

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Stéa
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