La ville aux traineaux, partie 2/2

Ceci est la seconde partie du chapitre sur la ville aux traîneaux. Si vous ne l’avez pas déjà lu, retrouvez la première ici pour découvrir l’histoire complète !

 

Une nuit brièvement marquée par quelques heures d’obscurité et je retourne au matin sur les pistes.

Oui, je veux faire du chien de traîneau. C’est sur une des pistes explorées hier que je fais la rencontre de Marius, un kalaallit partant aujourd’hui même emmener une fille en balade. Elle est européenne, blonde aux yeux bleus. Son physique est plutôt athlétique. Elle ne doit pas souffrir du climat local ! En revanche, sa peau est très blanche. elle doit être ici depuis un moment !

Je la salue et elle engage la conversation.

« – Salut ! Moi c’est Michelle ! Je suis une journaliste britannique venue au Groenland pour eux ! » me raconte-t-elle en pointant du doigt nos amis boules de poils.

– T’es venue spécialement d’Angleterre pour interviewer les chiens de traîneaux ? blaguais-je.

– Oui ! Plutôt leurs maîtres. Et puis faire une interview sur les chiens de traîneaux, ça donne son petit côté aventure qui fait rêver les gens. Et je ne vais pas te mentir, j’ai toujours rêvé de monter la-dessus ! »

Nos intentions convergent. Nous nous accordons pour que je monte avec elle sur le traîneau. J’ai hâte !

Arrivée-chien-traineau-Sisimiut-Groenland

La balade en chien de traineau est finie. Les chiens épuisé et ravis peuvent se détendre.

Marius lui donne une combinaison rouge imperméable à Michelle. Il ne parle pas trop mais d’un autre côté, personne ne parle vraiment anglais ici (français je n’en parle même pas). Quoiqu’il se débrouille plus ou moins. D’un signe de tête, il me demande si je veux une combinaison aussi. Je réponds par la négative. Je ne pense pas avoir réellement besoin d’un truc pareil, mon équipement perso suffit !

« Okay ! conclut-il. Let’s go ! »

L’aventure commence. Nous sommes tracté par quatorze chiens, tous alignés devant le traîneau et non deux par deux comme au Canada. C’est encore mieux !

Nous démarrons doucement. Les chiens de traîneaux sont grands et puissants et leur cri ressemble plus à celui du loup qu’à celui du chien. Marius me raconte que leur hurlement est ainsi car leur race est la plus étroitement liée qui soit à celle du loup.

Il a beau faire -15°C, le soleil est éclatant. Heureusement que le traîneau est rembourré avec de la fourrure de renne pour le rendre plus confortable.

Chiens-traineau-montagne-hiver-Sisimiut-Groenland

Vous savez ce qu’on dit, c’est la gauche qui porte bonheur ! 

Même dans la neige profonde, les chiens gambadent comme si de rien n’était et lors des descentes, le traîneau atteint une vitesse prodigieuse !!

Marius saute et court à côté afin qu’on ait le moins de poids possible et donc le plus de vitesse. Quand on dit que vivre, c’est transformer du temps en expérience, je crois que là je vis à fond !!! C’est juste merveilleux !

Après moult descentes et remontées, nous atteignons la « soucoupe volante ». Ce n’est pas son vrai nom bien sûr, mais je trouve qu’il colle bien.

Chiens-traineau-soucoupe-volante-Sismiut-Groenland

La soucoupe volante groenlandaise !

Nous grimpons par la petite échelle et à l’intérieur, la température est agréable. Marius nous sert le café et nous raconte quelques histoires locales.

« La soucoupe est un abri pour nous. On s’y repose un peu et les chiens peuvent récupérer leurs forces et boire un peu. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Sisimiut et les dresseurs l’utilisent lors des courses de chiens de traîneaux entre Sisimiut et Kangerlussuaq. C’est une ville à 170 km d’ici. Si tu longeais la baie vers l’Est jusqu’à l’intérieur des terres, tu y serais en quelques jours. Les meilleurs équipes l’atteignent parfois en moins de 3 jours de traîneaux ! »

Nous restons un moment à discuter, admirer le paysage et nous réchauffer un peu. Mine de rien, je résiste de mieux en mieux au froid. J’ai oublié mes gants en sortant de l’auberge ce matin et je sens encore mes doigts ! En fait non, je n’ai pas vraiment oublié mes gants. À la base je sortais juste trouver un maître-chien. Je pensais faire la balade plus tard dans l’après-midi. Je ne m’attendais pas du tout à partir là, tout de suite ! Mais c’est ce qui fait le piment du voyage : l’imprévu.

L’heure fatidique du retour arrivée, nous reprenons la route sur nos coureurs canins jusqu’à atteindre la maison de Marius. La balade a duré quatre heures. Je n’ai pas vu le temps passer !

De l’autre côté de son jardin, il nous montre son igloo perso. Mais non, ne soyez pas bête ! C’est juste pour le fun. Il ne dort pas dedans !

igloo-kalaallit-Sisimiut-Groenland

Michelle doit partir tôt demain et nous fait ses adieux.

Fiou, après une journée pareille, je mérite un bon repas. Des pâtes au beurre, ça ira ?

Pendant le repas, je réfléchis. Mon tour de ville est bouclé, l’attraction principale est faite. Sisimiut restera à jamais ancrée dans ma mémoire, mais je ne tiens plus. Je dois bouger ! Et si j’allais au Nord pour changer ?

 

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