Islande : les Fjords de l’Est, partie 2/2

Les fjords de l’est islandais en hiver sont à voir une fois dans sa vie. Si vous avez manqué la première partie de l’histoire, n’hésitez pas à la découvrir !

 

Alors que je finissais mon dîner dans la nuit déjà bien avancée, mon attention est attirée par des nuages blanchâtres bougeant rapidement dans le ciel, comme s’ils, oscillaient.

« Bizarre… D’habitude, les nuages sont plutôt lent et régulier et avancent en ligne droite. »

À force de regarder ce ciel couvert et de ces étranges formes longues et blanches apparaissant ponctuellement au milieu du de la nuit, je réalise :

« Mais ce sont des aurores boréales ! Je m’attendais à ce qu’elle soient vertes, pas blanches ! La lumière des lampadaires du village doit les altérer un peu. C’est beau. Dommage que le ciel soit si couvert. Bah ! Ça rajoute un côté dramatique à l’instant présent ! »

Elles apparaissent et disparaissent en dansant dans le ciel, parfois totalement masquées par la couche de nuages. Je passe un long moment à les admirer, puis le sommeil gagnant sur mon corps et mon esprit, je pars me coucher.

Au réveil, je n’ai qu’une envie : dépasser la cascade de la veille. Je remonte à nouveau la rivière et poursuis bien après le haut de la chute d’eau. Les montagnes apparaissent derrière elle à nouveau et la nature devient sauvage. Je m’aventure plus profondément vers la source de la rivière qui commence à disparaître sous la glace et la neige.

 

Montagnes et rivières de Reydarfjordur, Islande

D’ici, le fjord de Reydarfjordur ne paraît pas bien loin !

Elle disparaît tant et si bien qu’à un moment, je ne distingue plus la différence entre la rivière couverte de neige et le sol. Je manque presque de tomber dedans quand mon pied s’enfonce brusquement dans la neige fraîche pour laisser entrevoir un filet d’eau coulant au fond.

Trace de pas dans la neige profonde, Islande

Trace de pas dans la neige profonde le long de la rivière

C’était moins une ! Marcher la jambe trempée n’aurait pas été des plus joyeux. Heureusement, j’ai retiré mon pied à temps et même si ma chaussure de randos à légèrement pris l’eau, elle est étanche et à garder mon pied sec ! 

Je poursuis sur quelques pas mais devient de plus en plus hésitant. Je ne sais vraiment pas si je suis sur la rivière ou sur le sol. Ne voulant risquer de tomber dans cette eau glaciale, je rebrousse chemin. Il n’y a pas à dire, cet endroit est merveilleux. Dangereux, certes. Mais merveilleux.

Cette nuit, le ciel est empli d’étoiles scintillantes et d’aurores boréales dansantes. Toujours blanches, presque indistinctes, mais bien présentes.

Les Fjords ont vraiment quelque chose de mystique. Leurs formes si singulières, leurs eaux si pures et si claires provenant des hauts glaciers, le reflet des montagnes creusées aux sommets couverts de neige dans les eaux silencieuses. Tout ici parait irréel.

Mais j’ai assez exploré cette partie de Reyðarfjörður. Désormais, je vais m’aventurer vers les montagnes.

Profitant de ce dimanche ensoleillé (ou plutôt pas trop couvert), mes pas me guident à l’opposé du fjord, dans les terres arides.

ici, quelques pins, quelques arbustes décharnés, un petit ruisseau au milieu de la toundra arctique. Mais point de rivière profonde. Je continue jusqu’à ce que Reyðarfjörður ait disparu derrière les montagnes.

cascade enneigée à Reydarfjordur, Islande

La cascade enneigée s’écoule tranquillement au milieu de la toundra dans les fjords de l’Est

Je m’aventure dans les passes venteuses qui s’élèvent jusqu’au sommet neigeux des montagnes lointaines. L’ascension est assez aisée. La toundra n’est pas trop inondée aujourd’hui et je me rattrape aux arbustes sauvages poussant sur le flanc quand mon pied dérape sur la neige fraîche.

L’ascension était chouette mais j’ai une bien meilleure idée pour redescendre ! Je vais me laisser glisser jusqu’en bas en utilisant mon pantalon waterproof comme d’une luge.

« C’est parti ! »

Je glisse à toute vitesse et la neige épaisse est un bon amortisseur pour mon postérieur. Je reçois beaucoup de neige dans la figure, ce qui fait que je ne vois qu’au dernier moment un arbuste bien placé. Je ne l’évite que de justesse et il déchire la jambe droite de mon pantalon en gore-tex.

« Fiou !!! Heureusement que c’est incroyablement solide ce machin sinon c’est mon mollet qui y passait ! » soufflais-je.

J’ai pilé sec du coup. Encore une chance que je ne soit pas rentré dedans de plein fouet, sinon ce n’était pas mes jambes qui prenait le choc.

Remerciant le ciel de ne pas m’être pris un arbre en pleine face (ou ailleurs) au milieu d’une montagne isolée du monde, je relève les yeux vers le sommet histoire d’évaluer la distance parcourue. Je suis arrêté en plein milieu du versant sud. Je pousse un soupir mélancolique.

Tel un vieux film des années 20, le paysage qui m’entoure n’est qu’un dégradé de noir et blanc. Les montagnes, sans teintes ni couleurs, semblent figées ainsi pour l’éternité.

Je reste là, assis, contemplatif, profitant de ce spectacle morne et terne et pourtant si serein.

forêt arctique et montagnes à Reydarfjordur, Islande

J’étais là-haut. C’est sur cette montagne que j’ai failli m’estropier !

J’ai bien exploré la région des fjords de l’Est et non sans quelques regrets, je quitte Reyðarfjörður. Je dois poursuivre. Mon destin m’attend. Prochaine étape : Egilsstaðir !

 

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6 Commentaires sur "Islande : les Fjords de l’Est, partie 2/2"

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Stéa
Invité

Salut Skra,

C’est toujours un plaisir, chaque jour renouvelé, que de suivre tes aventures.

Selame
Invité

C est super sympa. J attends la suite 😊.
Continues surtout.💋

Nathalie
Invité

J’ai l’impression d’y être encore… Tu en parle très bien…