Islande : les Fjords de l’Est, partie 1/2

Déjà un mois de passé en Islande ! Je suis arrivé en janvier et les nuits sont interminables. Profitant des maigres heures de lumière, j’ai longé la côte sud depuis Vík et ses plages de sable noir jusqu’à Höfn en traversant à pied le désert du Mýrdalssandur. Puis j’ai fais du stop jusqu’ici. Et me voilà !

 

Je suis arrivé à la bourgade de Reyðarfjörður, dans la contrée des Fjords de l’est. La température y est très basse et les rues de ce village traditionnel, demeure d’à peine plus de 1000 habitants, sont parsemées de plaques de glace glissantes. D’après ma carte rudimentaire récupérée à Reykjavik, l’auberge devrait se situer exactement à l’opposé de ma position, à l’autre bout du village.

Route complètement gelée à Reydarfjordur, Islande

Route complètement gelée à Reydarfjordur, Islande. Attention, ça glisse !

Ok, ce n’est pas une course, on va y aller trèèèès doucement !! S’agirait pas de se casser une jambe maintenant !

Je me fais une ou deux frayeurs sur des plaques de glace assez étendues et vois finalement le sigle des auberges de jeunesse éclairé au bout de la rue sombre. Oui, la nuit tombe déjà et la pénombre envahit peu à peu les moindres recoins des ruelles du village.

rivière enneigée de Reydarfjordur

rivière enneigée coulant à travers le village de Reydarfjordur

L’auberge est bien en dessous du signe mais l’accueil, la maison des propriétaires en fait, est trois maisons en arrière. Je retourne sur mes pas, esquive à nouveau une plaque de glace, mouille un peu les chaussures dans la neige épaisse et une fois la maison trouvée, je toque à la porte. Une femme brune aux yeux noirs d’une cinquantaine année vient m’ouvrir. Derrière elle, une tablée de 4-5 personnes assises autour d’un café, dégustent un cake en jouant aux cartes.

« – Bonjour ! entamais-je la conversation.

Les personnes assises soulèvent leur regards en ma direction.

– Bonsoir, répond la maîtresse de maison venue m’ouvrir.

– Ah oui, c’est vrai qu’à partir de 16 h ici, on se dit bonsoir. Je viens pour l’auberge. Il vous reste des places de libre ?

– Oui, en hiver c’est plutôt calme. Il n’y a que deux ouvriers polonais qui sont ici pour la semaine. Je vous fais visiter ?

– Avec plaisir. »

Elle enfile ses bottes et son épais manteau puis se dirige d’un pas posé vers l’auberge. Elle pousse la lourde porte de bois et m’invite à rentrer.

En discutant avec elle, j’apprends qu’elle est belge. Elle s’est installée ici après s’être mariée à un islandais il y a plusieurs années et s’occupe de l’auberge depuis lors.

Tout en me faisant une visite des lieux, elle me vante les attraits de la région. Elle me parle du cours d’eau qui traverse le village, du magnifique ciel qui s’illumine à midi, des randonnées dans les montagnes presque inexplorées non loin de la ville. Une fois le tour de la maison effectuée, elle me montre ma chambre, me passe une serviette et se retire chez elle.

« Bon, je suis arrivé. Je suis bien content d’être ici ! » souriais-je en m’affalant sur mon lit.

Je me décrasse et me rend à la cuisine pour manger un morceau. J’ai acheté un tube de lait condensé, je ne connaissais pas mais c’est super bon en fait ! Vraiment sucré, c’est un bon boost après un effort et une bonne récompense pour un réconfort !

En sortant de ma chambre, je réalise que l’auberge est vraiment magnifique. C’est un chalet en bois clair assez spacieux. Le mobilier en hêtre ajoute une touche de rustique alors qu’un couple de tableaux anciens représentant des islandaises en costume d’époque agrémente les murs. Et à l’étage, une terrasse domine la vue sur le fjord. Le reflet de la montagne dans le fjord pratiquement introublé est une pure merveille.

Reflet d'une montagne à l'auberge de Reydarfjordur, Islande

Reflet d’une montagne dans le fjord depuis l’auberge de Reydarfjordur

Quel spectacle fantastique ! Et dire que ce n’est que le premier jour !

En parlant de premier jour, il commence à être long. Je vais aller récupérer un peu. Je passe la nuit dans mon lit douillet et à l’aurore, je pars explorer les environs dont la propriétaire m’a tant vanté les attraits.

Je prends la rivière comme point de repère et la remonte. Elle s’enfonce de plus en plus jusqu’à une petite cascade. À hauteur de celle-ci, le paysage qui s’offre à mes yeux est tout simplement merveilleux. La toundra qui s’étend jusqu’au fjord paisible, les montagnes couvertes de neige derrière lui, le tout sous une douce lumière semblable à celle de la Création.

Magnifique paysage islandais à Reydarfjordur, dans les Fjords de l'est

La splendeur des Fjords de l’est en une photo : Toundra, forêt arctique, fjord et montagnes !

Je reste sans voix devant une telle vue, ne voulant ni ne pouvant briser le doux silence qui règne dans cette partie intouchée du monde. 

À force de rester statique, je commence à avoir froid ! C’est qu’il fait -10°C. Allez, c’est déjà bien pour une seule journée, je me rentre !

Demain, j’irais derrière la cascade gelée. Je remonterais la rivière enneigée jusqu’à sa source, dans les montagnes. Cette aventure risque bien d’apporter sa dose d’émotions !

 

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me prévenir
avatar
wpDiscuz