Dawson City, la cité de l’or, partie 4/4

Découvrez la dernière partie de mon périple au sein cette ville mythique.

 

Si vous découvrez cet article, vous risquez de manquer un peu de contexte. Retrouvez les parties 1/4, 2/4 et 3/4. Et si vous êtes paresseux, voici le bref résumé :

 

J’ai atteint Dawson City, la ville de l’or, dans les territoires du Yukon. Le Grand Nord Canadien est grandiose et en été, le soleil boréal brille jour et nuit. L’auberge n’a ni eau courant, ni électricité mais l’ingéniosité d’un homme est sans limite. Il fait frisquet mais fort heureusement, les soirées autour du feu en bonne compagnie réchauffe nos corps et nos cœurs. L’esprit d’exploration titillant encore (et à jamais) mon âme, je m’aventure au sommet du Dôme de Minuit, montagne dominant la ville et au sommet, aperçois un homme gesticulant debout sur un rocher.

sommet-epave-ferry-ruee-vers-lor

La vue depuis le sommet d’une épave échouée sur le rivage

«-Hola ! lui criais-je.
-Bonjour mon ami ! Tu peux me tenir ça ? Me dit-il en tendant le drapeau.
-Euh, bien sûr ! »

À peine m’a -t-il dit bonjour qu’il me tend quelque chose à prendre. Il à l’air d’être aussi dingue que moi. L’homme à la barbe blanche sort alors de son sac une paire de jumelles et regarde en contrebas.

« Agite le bien ! » s’écrie-t-il.

Je l’agite comme un bleu. C’est plus difficile qu’il n’y parait.

Il me remercie, tend la main pour récupérer son drapeau, puis l’agite à nouveau. Il regarde à nouveau dans ses binoculaires et tourne la tête vers moi d’un air triomphant.

« -Qu’est-ce qu’il fait chaud, hein ! Tu as soif ? »

Il plonge sa main dans son sac et en extrait une bouteille d’eau encore scellée.

«Non, garde là ! refusais-je d’un geste de la main. Tu vas en avoir besoin pour la descente ! »

Il réfléchit un instant. En me regardant d’un air pensif, il prend dans sa poche arrière une bouteille vide et la remplie de moitié avec l’autre.

« – Comme ça on aura tous les deux un peu d’eau, tu as l’air d’en avoir besoin.
– Ça oui ! rétorquais-je tout en prenant une gorgée. Alors c’est quoi ce drapeau ?
– C’est pour faire signe à ma femme en bas. C’est notre « truc » à nous ! Nous faisons ça partout où on va. Nous sommes venus en camping-car depuis les United States of America. Ce drapeau porte les couleurs de notre ville.
– Waw ! Tu as fait un sacré long voyage pour arriver jusqu’ici !
– Et oui. Mais il fallait le faire. Aujourd’hui, nous célébrons notre 54ème anniversaire de mariage ! »

54 ans de mariage ! Ça n’existe plus de nos jours une telle histoire !

Nous restons un long moment à discuter, assis sur ce gros rocher au sommet du Dôme de Minuit. L’heure du dîner depuis longtemps dépassée et  nos estomacs criant famine, l’heure vient de se quitter. Il doit redescendre. Avant de partir, il me serre la main d’un clin d’œil bienveillant.

« Au revoir mon ami ! Bonne route ! »

Bon, c’est pas tout ça mais je ferais bien de redescendre aussi. La journée a été longue !

Une bonne de nuit sommeil, quelques bûches d’arbres, un feu de bois crépitant, un peu d’eau de la rivière Klondike et je suis réveillé.

«-Prêt pour lancer quelques lignes ? me demande Sammy de si bon matin (15 h du mat).
-Et à ramener un bon dîner ! riais-je. »

partie de peche

Un petit îlot paradisiaque pour une journée de paresse

Un canadien arrivé récemment se joint à notre expédition de pêche et une fois le spot trouvé, nous tentons notre chance. Que dire de plus sinon que la journée fut peu productive.

Mais aujourd’hui, la journée sera bien différente. Kevin, un français logeant à l’auberge me propose d’aller jeter un œil à un coin de forêt quelques kilomètres au sud avec lui.

« – J’ai entendu parler de choses étranges là-bas. Il y aurait des navires en ruines échoués au beau milieu de la forêt.
– Curieux. Allons-y ! »

Au détour d’une clairière, alors que je commençais sérieusement à douter de la véracité de ses informations, nous nous retrouvons nez-à-nez avec lesdites-épaves.

Wow. Le lieu est mystique.

Elles datent de la ruée vers l’or, elles se sont surement échouées sur le rivage lors d’une crue-éclair. J’en compte sept au total, toutes couvertes de clous rouillés et d’échardes.

Kevin est un bon alpiniste. On peut donc se permettre de marcher sur les planches de bois pourries qui craquent et rompent sous nos pas. Nous descendons du premier navire grâce aux roues d’arrière.

roue-ferry-yukon

Énormes roues de ferry dans les forêts du Yukon

Les suivants sont un peu plus loin dans la forêt. Pour remonter, l’exercice est de taille. Le problème est de passer d’une épave à l’autre. Sur l’une, Kevin et moi perdons complétement l’esprit. On se met à courir à fond, sauter de toutes nos forces et finir par atterrir sur l’épave suivante. On n’avait pas le choix de toute façon. On allait pas redescendre pour remonter, faut arrêter.

epaves-ferry-foret-course

Traverser l’épave en courant. Sauter. Ne surtout pas réfléchir !

Nous sautons d’une planche à l’autre, d’une poutre rouillée à une autre. Au sommet de deux petits mâts plutôt bien conservés, nous prenons une pause bien méritée à 3 mètres de haut.

De retour sur la plus grande des 7 épaves, nous parvenons à nous hisser, avec l’aide du gréement usagé, sur le grand mât. La vue est pour le moins spectaculaire. Cheminée effondrée, gouvernail arraché de l’étambot, pont réduit en éclat.

bateau-interieur-epave

Un coup d’œil sous les planches que nos pas foulent

Toute cette désolation ne rend le spectacle que plus sauvage encore. Tout en nous laissant glisser depuis le pont jusqu’au sol, mon regard se pose sur une inscription à moitié effacée gravée dans la coque.

JULIA

Plus d’un siècle et toujours visible. Extraordinaire !

Parbleu ! Si seulement elle pouvait parler, quelles aventures épiques elle nous raconterait !! C’est sans nul doute la meilleure vie dont un aventurier puisse rêver !

 

Poster un Commentaire

2 Commentaires sur "Dawson City, la cité de l’or, partie 4/4"

Me prévenir
avatar
Trier par:   Du plus récent | Du plus ancien | Le plus de vote
Stéa
Invité

Salam Skra,
Le pari est gagné à peine quelques épisodes et tu me fais voyager et rêver. Je vais faire le GR10 côté pays basque dans 3 semaines je t’emmène avec moi ?

wpDiscuz