Dawson City, la cité de l’or, partie 3/4

Ceci est la suite des aventures sur la fièvre de l’or partie 1 et partie 2.

La température est extrêmement basse pour un mois de juin tardif. Aux alentours de 10-12°C. Mais le soleil boréal, très bas dans le ciel, donne une sensation de 35°C. En revanche, dès qu’un nuage passe devant l’astre céleste, pouf ! La fraîcheur de l’air se refait sentir. Quand je pense que les mineurs arpentaient ces terres jours et nuit, été comme hiver, à la recherche de la pépite qui les feraient passer à la postérité. La fièvre de l’or porte bien son nom ! Combien d’entre eux ont perdu l’esprit… D’après les histoires contées par ceux qui en sont revenu, le plus connu étant Jack London, ils crevaient tellement de faim au bout d’un moment que certains mangeaient leurs bottes. En temps de famine, le cuir apporte quelques (rares) nutriments. C’est assez difficile à concevoir. Mais reprenons.

En ce jour d’été, je prends la route pour escalader le Dôme de Minuit, fameux point de vue sur lequel il est possible d’observer le soleil tourner autour sans jamais le quitter des yeux pendant 24 heures.

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Le départ du sentier vers le dome de Minuit à Dawson City

En chemin vers son sommet, je tombe sur Adria qui rentre chez elle après une journée de travail. C’est vrai qu’il est 18 h. En général, on ne commence pas une randonnée à cette heure-là. Adria est canadienne, mais pas d’ici. Les cheveux châtains clair, les yeux verts intense et d’une beauté naturelle, elle travaille dans un café de Dawson City depuis un an. Elle a même passé l’hiver ici. C’est un exploit quand on en connais les conditions : nuit perpétuelle, mercure chutant bien en dessous des -50°C, des loups affamés rodant dans les rues à la recherche d’une proie sans défense. Cette fille me plait, une vraie battante !

« -On fait les meilleurs cappuccinos de la ville dans mon café, tu devrais passer un de ces jours ! me propose-t-elle.
-En voilà une idée, je n’ai pas vraiment pris le temps de visiter la ville pour l’instant. Ça serait une excellente occasion ! »

Sa maison est bâtie sur le versant Est. Je la quitte devant le parvis de sa porte, puis poursuis mon ascension.

Le chemin va à droite, je vais donc en face. Il faut pimenter un peu la marche sinon c’est pas drôle. Je tombe alors sur un à-pic impressionnant.

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La traversée de ce champ de pierre sera éprouvant !

Traverser la paroi composée de roches friable et instable est un vrai plaisir et une fois de l’autre côté, je jette un coup d’œil au sommet, histoire de voir ce qui me reste à monter. Le soleil frôle l’horizon 24 heures par jour au niveau du visage et moi qui n’ai ni lunettes de soleil ni chapeau, je souffre. Une idée germe dans mon esprit : je vais m’enduire mes yeux de charbon de bois pour me protéger du soleil éblouissant. Et puisqu’on est bien parti, j’enroule mon t-shirt autours de ma tête car les rayons sont puissants et la chaleur accablante …

Là-haut, la vue est imprenable sur Dawson city et la Klondike River. Au Canada, on apprend vite à se sentir humble. Les arbres, les montagnes, même les animaux. Tout est d’une taille démesurée. Les interminables forêts et la rivière serpentant à travers les montagnes disparaissent à l’horizon m’offrent un panorama à couper le souffle.

Dawson-City-vu-du-dome

Dawson City depuis le sommet du Dôme de minuit

Ce qui paradoxalement est assez comique car je suis à bout de souffle. Bon, pas tout à fait à bout de souffle, mais légèrement essoufflé, disons. Je n’ai pas pris d’eau. D’en bas, j’imaginais la pente moins raide et je ne m’attendais pas à faire de l’exercice en plus. Fort heureusement pour moi, un peu plus loin, debout sur un rocher, un vieil homme agite avec entrain un drapeau aux couleurs inconnues.

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