Cambodge : Tuk-tuk, tourisme et tarentule

Chapitre bonus : Cambodge

partie 1, Phnom-Penh

Lorsque je pose le pied à Phnom-Penh après 12 h de vol et un changement à Bangkok, je souffle. Fiou ! Bien content d’être arrivé. Les 6 heures de décalage horaire ne me font pas encore d’effet mais demain, en revanche, sera une autre histoire … Mais je ne vais pas commencer à être négatif. Je suis en Asie ! Ça m’avait manqué. Ma dernière visite, en Corée du Sud, remonte à des années. Je n’avais pas profité pleinement de cette partie du monde et je compte bien y remédier !

Nous sommes en Août. Ce n’est pas la meilleure période à cause de la mousson mais c’est ce qui en fait pour moi le moment idéal pour s’y rendre. Moins de touristes et plus de belles lumières après la pluie.

Il faisait chaud à Paris mais ici, la chaleur est accablante. Malgré la fine bruine s’abattant sur le Cambodge pendant les mois d’été, le soleil écrase de ses rayons ardents les voyageurs des nos latitudes.

À mon premier pas hors de l’aéroport, je vois des taxis, comme un peu partout dans le monde. Mais aussi et surtout : des tuk-tuks, ces véhicules étranges bien connus de l’Asie du sud-est. Il s’agit d’une moto tractant une petite carriole. La plupart peuvent néanmoins contenir jusqu’à 4 personnes.

Le choc culturel est assez rapide. Je me fais harceler de tous les côtés :

« Montez monsieur ! Tuk-tuk pas cher ! »

Mais attention ! Ceux devant les aéroports sont encore pires que les agences à l’intérieur. Ils prennent une énorme commission sur le dos des touristes occidentaux peu renseignés.

Non, la meilleure chose à faire est de sortir de l’aéroport et d’en chercher un dans les rues adjacentes.

« Mototaxi sir ? »

C’est encore mieux.

Sur la route, un nouveau monde s’offre à moi. Le code de la route est inexistant ici. Déboulant de tous les côtés, un véritable ballet de véhicules se dépassant les uns les autres sur des routes endommagées couvertes de trous et de nids de poule. Chacun roule plus ou moins à droite, à l’exception de ceux qui longent le trottoir en sens inverse. On observe fréquemment du triple, voire quadruple, dépassement de véhicule en simultané.

Je saisis tout de suite l’ampleur de la chose quand la situation suivante se déroule sous mes yeux : Alors que mon chauffeur prenait soin d’esquiver un poulet décédé au milieu de la route, une moto conduite par deux gosses de 7 ans dépasse un minivan qui doublait lui-même un autre tuk-tuk que nous étions en train de dépasser. Oui, il faut suivre. Quand on approche des grands axes de circulation, les klaxons retentissent à tous les coins de rues. Cependant, il ne s’agit ni de décharges de stress ni d’excès de colère. Non, il s’agit tout simplement de prévenir qu’on arrive à une intersection et qu’on va passer, que le feu soit vert ou non.

Les mototaxis sont les véhicules les moins chers du pays. La seule chose à se souvenir est de faire gaffe à ne pas laisser dépasser son coude à l’extérieur du véhicule (pratique sur une moto) ni de laisser ses jambes toucher le pot d’échappement. D’innombrables passants (en particulier des filles montant à l’arrière du scooter de leur petit-ami tout en tenant leur bébé dans les bras) ont des marques de brûlures au 3ème degré sur l’intérieur des mollets. Ça semble pour le moins désagréable …

Je trouve une auberge et, juste devant, un chauffeur de tuk-tuk me propose un tour de ville à bon prix. Il est jeune, il est sympa et j’ai vraiment envie de découvrir la ville, alors go !

Balade en-tuktuk-phnom-penh

Balade en tuk-tuk dans les rues de Phnom-Penh

Le tour commence par les killing fields (d’horribles vestiges des khmers rouges) situés à l’écart de la ville. Ce n’est pas franchement gai et ma marche de recueillement effectuée, je retourne le voir pour qu’il me ramène en centre-ville. Mais avant, il me fait passer par un marchand d’armes qui me propose d’essayer un pistolet, un AK 47, une grenade ou un lance-roquette datant de la guerre. Je me trouve dans une ferme délabrée aux murs de tôles loin de tout, au beau milieu d’une plantation de riz. Pour arriver ici, il a fallu emprunter une route de terre cahoteuse sur laquelle le tuk-tuk a bien souffert et le marchand d’une vingtaine d’année ne me paraît pas vraiment clean :

« Alors, my friend, lequel tu veux essayer ? » demande-t-il dans un anglais approximatif en me tendant un flyer plastifié regroupant ses offres avec le modèle, le nombre de munitions et le tarif.

Quand j’aperçois la crante écaillée du pistolet trainant sur la table, je n’ose imaginer l’état de la grenade conservée dans une boite cramoisie par la rouille.

« Euh, merci, mais non merci … »

Déjà que je n’aime pas trop ce genre de truc, je ne tiens pas à perdre mes pouces ni à tuer quelqu’un qui passerait par là avec du matériel de guerre vieux de 30 ans.

Un peu déçu que je ne consomme rien, le marchand d’arme échange quelques mots en cambodgien avec mon chauffeur. La règle de base : ne jamais énerver un type avec un caisson d’armes posé à ses pieds.

Mais bon, tout se passe dans le plus grand calme et mon chauffeur et moi reprenons la route vers le centre-ville, jusqu’aux portes du musée national. C’est plus la même ambiance d’un coup !

Le bâtiment est sublime et les jardins alentours ajoutent une touche de verdure aux murs colorés.

musée national de Phnom-Penh

musée national de Phnom-Penh

De majestueuses œuvres d’influence indienne sont exposées, certaines ornées de pierres précieuses inestimables. Les statues représentent Bouddha, Visnu, Shiva et d’autres divinités totalement étrangères aux non-initiés. Cependant, deux d’entres elles reviennent régulièrement :

  • Les nagas, ces créatures mythiques aux multiples têtes de serpent apportant richesse et prospérité,
  • Les lions de Foo, entre chien et lion, gardiens dotés de pouvoirs protecteurs. Ils sont présents un peu partout dans les temples et palais d’Asie.

La visite se poursuit par le somptueux palais du roi luisant au soleil. Les arbres sont taillés en forme de naga et les statues de lions gardiens sont présentes ici aussi.

Nagas et lions de Foo

Nagas et lions de Foo

Ce qui est incroyable dans ce pays, c’est que des urnes à offrandes sont posées un peu partout. Dans l’enceinte du palais, j’en compte au bas mot une dizaine pleines à ras-bord. Et les locaux donnent à foison !

Ils ont tout compris ici. Plus besoin de taxer le peuple, il suffit de récolter les offrandes à Bouddha.

Assez fréquemment, des vieilles dames m’accostent dans le temple en disant :

« Prière pour Bouddha ? »

L’une d’entre elles, le sourire plein de bonté et le regard paisible, me propose de déposer un collier  de fleurs de lys sur la statue de Bouddha. Oh ! Quel geste pur et spirituel ! Me prêtant au jeu, je dépose le fragile collier au pied de la statue. La vieille dame ouvre alors délicatement une boite décorée à la main, recouverte d’une petite étoffe de toile, et me demande des dollars.

Ça casse un peu le mythe.

Allez, je retourne à mon chauffeur qui me demande :

« -Alors, où tu veux aller ensuite ?

-J’en ai assez vu des lieux touristiques. Je veux voir un coin typiquement local !

-Un coin typique ? Je connais un endroit qui va te dépayser pour sûr, my friend ! »

Le marché central. Effectivement, c’est loin des temples silencieux. Bondé de monde. Sur la bordure extérieure du marché, des vendeurs de nourritures et fruits exotiques en tout genre totalement absent de nos marchés occidentaux. Je n’en connais presque aucun. Les litchis, grenade, mangue et papaye, je gère. Mais les autres ? Lorsque je leur pose la question, la plupart ne parlent pas un mot d’anglais et les autres me répondent des noms étranges. Corossol, Mangoustans, Durian. Hm. Durian ? Ce dernier pique ma curiosité. Il s’agit d’un fruit à coque, délicat, assez massif et plutôt coûteux même pour un occidental.

massif fruit durian

Durian massifs à mes pieds

D’après les discussions que j’ai eue avec des voyageurs l’ayant testé, soit on adore, soit on déteste. C’est assez difficile à décrire tant la sensation est unique. La chair est crémeuse et assez grasse, ce qui donne mal au cœur si on en mange trop.

Je finis ma boucle autour du marché et réalise que l’endroit est littéralement encerclé par les chauffeurs de tuk-tuk. Tous me sortent la même rengaine :

« Tuk-tuk sir ?! »

Je me considère comme quelqu’un de plutôt patient. Mais au bout du 180 ème  : « tuk-tuk sir ?! », je ne réponds même plus.

Afin d’éviter les demandes incessantes, je m’engouffre sous la partie couverte du marché, à travers d’étroits couloirs envahis de vendeurs de vêtements. Ces couloirs mènent tous à la salle centrale, dans le cœur du marché. D’innombrables vitrines débordent de bagues, colliers, bracelets et objets d’arts divers. Ne m’intéressant guère aux faux bijoux, j’explore les couloirs en quête d’un stand digne de piquer mon intérêt.

Mon attention est attirée par un groupe de 3 femmes accroupies sur un tapis un peu plus loin. Elles sont assises côte à côte, faisant face à quelques paniers de 10 cm de haut posés en hauteur sur des journaux .

« Tiens, je vais aller voir ce qu’elles vendent ces dames là ! » murmurais-je pour moi-même.

 Ma surprise est de taille quand je vois le contenu ! Des insectes, des pattes de poulets, des larves … L’un des paniers est même dédié aux tarentules. J’aime l’inconnu. J’en achète une.

Insectes&tarentules

Miam !

Ceux qui me connaissent savent que je mange bien. Et n’importe quoi. Parfois, vraiment n’importe quoi. Mais la tarentule n’est pas aussi repoussante de goût qu’elle l’est de son aspect.

Je la croque devant les 3 marchandes. La bestiole colle un peu, les poils recouvrant son corps ayant caramélisés à la cuisson. Ne reculant devant aucun sacrifice,  je me lèche le bout des doigts. Elles rient de bon cœur. Pour elles, se lécher les doigts est synonyme de savourer un met délicieux. Elles m’en offrent une seconde, au cas où un petit creux se ferait sentir sur le chemin du retour …

 

 

 

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3 Commentaires sur "Cambodge : Tuk-tuk, tourisme et tarentule"

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Alexandre
Invité

Tu aurais du essayer au moins l’Ak 47 chez le vieux marchand d’armes ,
Et puis quelle immonde bestiole, cette tarentule !

Stea
Invité

Ah non mais là les tarentules j’aurais pas pu !