À travers le Panama, partie 2

La nuit dans un bus est parfois riche en émotions. Surtout quand on a tellement de billets qu’ils ne rentrent plus dans la poche. Re(découvrez) la première partie de mes Skraventures au Panama !

 

Mais malgré tout, rien de bien épique ne s’est produit cette nuit là. Et m’y voilà. Panama City.

Comme à mon habitude dans cette partie du monde où rien n’est cher, je saute dans un taxi.

Je fait toujours la même demande :

« Emmènes moi vers un hôtel sympa et pas cher ! »

C’est ainsi que je rencontre José, le chauffeur de taxi sympathique. J’adore parler avec les taxis (en fait, j’aime discuter en général) et il me passe sa carte. Il me propose également de faire un tour de ville pour 50$.

« – Ok José. Demain je ferai la visite. Mais seulement si tu inclus dans le tarif mon transport vers l’aéroport dans quelques jours !

– Perfecto amigo ! Vamonos (on y va) ! »

La négociation est de mise avec tout le monde en Amérique Centrale.

J’hésitais à passer par la Colombie avant l’Amazonie mais le désir me dévore littéralement de l’intérieur. Je n’ai plus de temps à perdre !

D’après une voyageuse avec qui j’ai passé un moment au Costa Rica, il y a un bateau qui part du Panama vers Cartagena, sur les côtes colombiennes, côté Caraïbes. Il prend deux jours et vaut le trajet. Mais non. Je vais tricher et abroger à ma règle d’or : Je vais prendre l’avion.

Je dois m’occuper d’acheter le vol du coup. Heureusement, le taxi m’a dégoté un super endroit. Je loge dans un bon hôtel coûtant trois fois rien et j’en profite pour récupérer de ma courte nuit de la veille.

Le petit-déjeuner est bon, mais la musique de Titanic version espagnole passée en boucle par la serveuse va me rester dans la tête toute la journée.

Il y a trois américains qui ne parlaient pas un mot d’espagnol et qui tentaient tant bien que mal de demander des explications sur le menu à la serveuse.

Je me regarde dans le miroir. Oula. Je crois qu’une visite chez le barbier s’impose.

J’en profite pour errer dans les rues, histoire de découvrir les alentours et quand j’aperçois l’emblème multicolore des barbiers, je pénètre dans l’enseigne.

Vieilles rues de Panama City

Vieilles rues du centre-ville de Panama City

Je demande le prix au coiffeur. Ici, tout se paie en dollars américains.

 » Un dollar señor ! »

Un dollar ? C’est pas comme ça que je vais écouler mes liasses de billets… Et encore, il doit se prendre une marge de chacal sur le gringo. Quoique je parle espagnol, ça aide beaucoup. Comme on dit, parle dans sa langue à quelqu’un et il t’accueillera comme un ami ! Ok, ça ne rime pas vraiment, mais c’est le message qui compte !!

Je paresse dans ma chambre jusqu’à 10 h. J’ai un problème. J’ai brisée ma caméra au Nicaragua et elle m’a lâchée. Je vais devoir faire des photos avec mon téléphone acheté au Mexique. Elles ne seront pas des plus pros…

L’heure où mon taxi est arrivée. En route pour une visite privée de Panama City !

Et comment ne pas commencer par le célébrissime canal du Panama ? Il y a une foule qui s’éparpille.

Ecluses du Canal de Panama, Panama City

Ecluses du Canal de Panama en action, à Panama City

 » – On vient de manquer l’arrivée du bateau !

 » – Dommage ! J’aurais aimé en voir un traverser ces petites écluses…

– No problemo amigo, on continue le tour et tout à l’heure on reviendra juste pour ça ! »

Ça c’est du guide de compétition. Arrangeant et qui ne se prend pas la tête !

La balade continue jusqu’à un superbe point de vue qui surplombe la ville dans sa totalité.

Gratte-ciels de Panama City

Gratte-ciels de Panama City depuis un point de vue

D’un côté, de gros bâtiments qui composent le centre-ville, presque comme des grattes-ciel. De l’autre, des usines le long des quais et un énorme paquebot qui se rapproche. malgré l’ambiance tropical et la chaleur accablante qui fait perler les gouttes de sueurs sur mon front, je suis bien loin de la jungle. Tout n’est que béton et bitume.

« – Ah ! Voilà un paquebot amigo ! On va le voir arriver !

– Euh José… Nous ne sommes pas vraiment à côté et il semble déjà être aux portes de la ville !

– On y sera à temps !  »

Si je vous racontais les 10 minutes de voiture qui ont suivis, vous ne me croiriez pas. Tel une course poursuite dans les rues de Panama City, le taxi dévale des rues, brûle des feux rouges, fait des freinages d’urgences devant les passages piétons, bref, une conduite plus que sportives. Et moi qui aimais ne pas mettre ma ceinture car tout le monde s’en fout en Amérique Centrale. Je suis calmé.

Nous arrivons juste à temps au canal, en sueur et mort de rire après tant d’émotions. Je ne me peux m’empêcher de rire face à ce taxi aussi dingue que moi.

Il me raconte quelques anecdotes car la traversée du canal par un paquebot prend du temps :

« Le passage d’un bâtiment aussi massif à travers le canal coûte plus de 350’000$. Il y a le droit de passage et un supplément pour chaque baril transporté. »

La somme parait énorme, mais entre traverser le canal et contourner l’Amérique latine en passant par le Cap Horn, le choix est vite fait !

Les écluses s’ouvrent, se referment, le niveau d’eau s’équilibre. C’est tout un spectacle qui attire une foule grandissant au fil des minutes jusqu’à envahir la quasi-totalité des abords du canal. Il y a un café où quelques occidentaux sirotent des verres en regardant le navire passer.

Paquebot traversant le Canal du Panama

Paquebot Maersk traversant le Canal du Panama, Panama City

L’endroit est plus touristique que je ne pensais. José me dit que bon nombre de croisières font escales ici pour admirer le chef d’oeuvre.

Le spectacle terminé, la route reprends vers le centre-ville. Mais avant, il s’arrête acheter des fruits dans une échoppe installée dans le recoin d’une rue connue seulement des locaux. On sent qu’ils sont frais !

Le dernier stop : un marché local installé à l’écart de la ville, sur un pont ombragé par les arbres tropicaux. On aperçois les gratte-ciels depuis la rive.

Centre-ville de Panama City

Depuis un quai reculé, le centre-ville de Panama City se dessine au loin

Et comme on est en Amérique centrale et qu’on commence à bien se connaitre José et moi, il en profite pour prendre en route une jolie dame et se faire un petit extra cash sur la journée. Il est fort. Il dépose la dame au centre-ville et me ramène à mon hôtel.

Ah ! Voilà une journée comme je les aime ! Riche et chargée, remplie de lieux uniques totalement différents les uns des autres, des rencontres le temps d’un dialogue et des coins connu des locaux seul. Mais je ne tiens plus, je dois partir.

Amazonie, me voilà.

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